HISTORIQUE DE LA POLITIQUE DE LA PROMOTION DE LA FEMME AU CAMEROUN
Le décret n° 2004/320 du 08 décembre 2004 portant
organisation du nouveau gouvernement de l'Etat camerounais
à l'issue des élections présidentielles
d'octobre 2004, a créé, entre autres nouveaux
ministères, le Ministère de la Promotion de
la Femme et de la Famille (MINPROFF).
Cette création marque une évolution significative
s'agissant de la volonté politique du gouvernement
de faire de la femme – agent indéniable du développement
économique et social – et de la famille –
cellule de base de la société – des objets
d'attention permanents.
La réunion
de ces deux cibles de l'action gouvernementale au sein d'un
même département ministériel se justifie
par le statut primordial et le rôle irremplaçable
de la femme dans la famille et par le fait que la promotion
des femmes entraîne en fin de compte, la promotion des
familles et de la société tout entière.
Le MINPROFF
est ainsi la résultante de la combinaison du volet
« Promotion de la femme » mission principale de
ce qui était le Ministère de la Condition Féminine
(MINCOF) et du volet « Promotion de la famille »,
qui était jusque là pris en charge par le Ministère
des Affaires Sociales (MINAS).
Faire
l'historique du MINPROFF revient donc à retracer l'évolution
de la prise en charge des deux cibles de l'action gouvernementale
que sont la femme et la famille. Cette évolution est
retracée à la lumière des textes de création
et organiques des structures ayant en charge la promotion
de la femme d'une part et la promotion de la famille d'autre
part. à cet effet, les années repères
sont : 1975, 1984 et 1985, 1988 et 1995, 1997 et 2004, dates
qui apparaissent par ailleurs comme des années clé
sur le plan de la conjoncture nationale et/ou internationale.
1975,
Année de la première conférence mondiale
des femmes à mexico
C'est
cette année qu'est créé le Ministère
des Affaires Sociales (MINAS) dont les missions seront redéfinies
et enrichies par le décret n° 81/295 du 23 juillet
1981. Ce ministère avait en charge aussi bien le volet
promotion de la femme (A) que celui de la promotion de la
famille (B).
La
Promotion de la Femme
Celle-ci
est confiée au « Service de la Promotion Féminine
», rattaché à la direction du Développement
Social.
C'est
avec ce service que commence véritablement l'historique
du mécanisme institutionnel de promotion de la femme
au Cameroun.
Au terme
de l'article 20 du décret de 1981 réorganisant
le MINAS, ce service était chargé :
- d'élaborer
la politique de promotion de la femme ;
- d'assurer
l'entière participation de la femme au développement
et à la coopération internationale.
A ce titre,
il devait :
- étudier
le niveau de contribution de la femme aux différents
secteurs de développement conformément aux
priorités nationales ;
- rassembler
et analyser les données et renseignements sur la
condition de la femme ;
- entreprendre
des actions éducatives auprès de la femme
en vue de faciliter son intégration dans les différents
secteurs de développement ;
- susciter,
encourager et coordonner toutes les actions en vue du progrès
de la femme dans le cadre du développement national
;
- entretenir
des relations avec les organisations publiques et privées
internationales qui se consacrent à la promotion
de la femme ;
- aider
les organisations publiques et privées nationales
à formuler des projets et des demandes de coopération
technique et financière sur le plan national et international.
Le service
de la promotion féminine comprenait deux bureaux :
- le
bureau des études et projets ;
- le
bureau de la Formation.
La Promotion de la Famille
Ce volet
est confié au « Service des Intervention Sociales
et du Contrôle des Etablissements Spécialisés
», rattaché à la Direction de l' Assistance
Publique.
Au terme
de l'article 14 du décret de 1981, ce service était
chargé entre autre « de l'aide de à la
famille » et comprenait trois bureaux dont un bureau
des secours et un bureau des enquêtes.
1984:
La création du Ministère de la Condition Féminine
(MINCOF)
En 1984,
à la veille de la deuxième conférence
mondiale des femmes à Nairobi (1985), il est créé
le Ministère de la Condition Féminine (MINCOF),
par le décret n° 84/29 du 04 février 1984
portant organisation du gouvernement, sans doute pour marquer
l'intérêt toujours croissant du gouvernement
pour les questions de la condition de la femme et respecter
les engagements pris dans le cadre de la décennie (1975
– 1985). De l'autre côté, la promotion
de la famille va connaître un pas en avant avec la création
d'une « Direction de la Promotion de la Famille »
au sein du Ministère des Affaires Sociales.
Le
Ministère de la Condition Féminine (MINCOF)
Créé
par le décret n° 84/29 du 04 février 1984
portant organisation du gouvernement et organisé par
le décret n° 84/95 du 26 mars 1984, le tout premier
ministère de la condition féminine (1) constituait,
outre la manifestation de la volonté politique du gouvernement
camerounais de promouvoir la femme, mais aussi un début
de solution aux problèmes inhérents à
l'opérationnalité et à l'efficacité
du service de la promotion féminine.
Ce département
ministériel était chargé :
- d'assurer
l'élaboration et a mise en forme des projets de textes
législatifs ou réglementaires destinés
à promouvoir sans discrimination, l'intégration
de la femme dans les différents domaines de l'activité
nationale ;
- de
veiller à l'application desdits actes en rapport
avec les ministères concernés ;
- d'assurer
l'élaboration et la mise en œuvre des programmes
facilitant l'intégration de la femme dans les circuits
économiques et sa pleine participation à l'effort
de développement ;
- des
relations avec les organisations publiques ou privées
nationales ou internationales de promotion de la femme ;
- de
la tutelle des organismes chargés de la formation
féminine, à l'exclusion des établissements
d'enseignement relevant du ministère de l'Education
Nationale.
- La
Direction de la Promotion de la Famille (DPF) au Ministère
des Affaires Sociales
Cette direction voit le jour avec le décret n°
85/1196 du 29 août 1985 réorganisant le MINAS.
Au terme de l'article 18 de ce décret, la DPF était
chargée, pour ce qui concerne la Famille : de
l'aide à la famille ;
des centres sociaux.
C'est en parcourant les
attributions des deux des services de la DPF que l'on peut
mieux appréhender les tâches de promotion de
la famille confiées à cette direction.
En effet,
au terme de l'article 19 du décret susmentionné,
le service de l'Action démographique était responsable,
entre autres :
de l'élaboration
des programmes d'éducation pour la parenté responsable
et pour l'amélioration du bien-être familial,
en vue d'éviter la prolifération des familles
nombreuses et nécessiteuses, ainsi que les cas de sous
fécondité et de stérilité involontaires.
L'un des deux bureaux de ce service était le «
le bureau du bien-être familial ».
Quant
au Service des Centres Sociaux, il était au terme de
l'article 20 susmentionné, « responsable de la
mise en œuvre des mesures d'actions sociales, notamment
en matière de protection de l'individu et de promotion
de la famille ».
A cet
effet, il était chargé entre autres, «
de la sauvegarde et de la promotion de la famille ».
L'un des
trois bureaux de ce service était justement «
le bureau de la sauvegarde de la famille ».
1988 :
la création du MINASCOF
Avec la
récession économique qui s'aggrave à
partir de 1987, le Cameroun adopte un plan d'ajustement structurel
qui impose la réduction des dépenses publiques
et entre autres mesures, la restructuration du gouvernement.
C'est
ainsi que le décret n° 88/772 du 16 mai 1988 portant
organisation du gouvernement fusionne le Ministère
des Affaires Sociales et le Ministère de la Condition
Féminine.
Le ministère
des Affaires Sociales et de la Condition Féminine (MINASCOF)
ainsi créé est organisé par le décret
n° 88/1281 du 22 septembre 1988. Il connaîtra une
nouvelle organisation avec le décret n° 95/00 du
09 juin 1995, en gardant parmi ses missions celles de promotion
de la femme et de promotion de la famille.
La Promotion
de la Femme avec le MINASCOF
En 1988
S‘agissant
de la promotion de la femme et au terme du décret n°
88/775 du 6 mai 1988 portant organisation du gouvernement,
le ministère des affaires sociales et de la condition
féminine (MINASCOF) devait, entre autres missions,
étudier et proposer « au gouvernement en concertation
avec tout département ministériel intéressé
les mesures destinées à faire respecter les
droits de la femme camerounaise, à faciliter les conditions
de son emploi ».
La Direction
de la Promotion Féminine créée dans ce
ministère était chargée « de l'élaboration
et la mise en œuvre de la politique et des programmes
de promotion féminine ».
A
ce titre, elle s'occupait notamment :
de la
préservation des valeurs traditionnelle reconnues à
la femme ;
de l'éducation de la femme ;
de l'intégration de la femme dans les circuits économiques
;
des relations avec les organisations publiques ou privées,
nationales ou internationales de promotion de la femme ;
de la mise en place des Centres de Promotion de la Femme (PCF)
;
de la mise en place des Centres de documentation pour la femme.
La Direction de la Promotion Féminine comprenait trois
services :
le Service
de l'Education Féminine ;
le Service de l'Intégration Economique de la Femme
;
le Service des Relations avec les Organisations Féminines.
En 1995,
les missions
du MINASCOF s'agissant de la Promotion Féminine sont
enrichies.
Le décret
n° 95/100 du 09 juin 1995 portant la nouvelle organisation
du MINASCOF apporte des innovations.
La première
innovation est dans les missions. En effet, au terme de l'article
44 de ce décret, la Direction de la Promotion de la
Féminine est désormais chargée :
- de
l'élaboration et du contrôle de la mise en
œuvre des politiques, programmes et plans d'actions
relatifs à la promotion de la femme ;
- du
suivi des organisations de promotion de la femme ;
- de
la préparation, de la participation et du suivi des
rencontres nationales et internationales en matière
de promotion de la femme ;
- des
relations techniques avec les organisations internationales
de promotion de la femme ;
- de
la conception, du développement et de la vulgarisation
des technologies intermédiaires.
L'autre
innovation est que la Direction de la Promotion Féminine
a désormais deux sous directions : la
Sous Direction de la Formation et de la Promotion des Droits
de la Femme, qui comprend
le Service de la Formation de la Femme et le Service de la
Promotion des Droits de la Femme ;
la Sous Direction de l'Intégration Economique de la
Femme et d'Appui aux organisations féminines qui comprend
:
le Service de l'Intégration Economique de la Femme
;
le Service d'Appui aux organisations Féminines.
La Promotion de la Famille avec le MINASCOF
En 1988
Le ministère
des affaires sociales et de la Condition Féminine tel
qu'organisé par le décret n° 88/1281 du
22 septembre 1988 comportait une « Direction de la Protection
de l'Individu et de la Famille (DPIF), qui avait pour mission
principale « l'élaboration et la mise en œuvre
de la politique et des programmes contribuant à l'amélioration
du bien-être des populations » (art. 26).
A ce titre,
la DPIF était chargée « de l'élaboration
et de la mise en œuvre de la politique nationale de la
famille » (art 26).
Plus concrètement,
c'est l'une des deux sous directions de cette DPIF, la sous
direction de la promotion de la famille qui s'occupera de
cette tâche, ainsi que de l'aide à la famille
(art. 31)
Cette
sous-direction comprenait trois services, dont le service
de l'Action démographique, qui s'occupait entre autres
« de l'élaboration des programmes d'éducation
pour la parenté responsable » et le service de
l'assistance à la famille, responsable entre autres
de « la mise en œuvre des mesures d'action sociale
notamment en matière … de la promotion de la
famille ».
A ce titre,
le service de l'Assistance à la Famille était
chargé entre autre :
des consultations
matrimoniales et de la lutte contre les conflits conjugaux
;
de l'élaboration des programmes de préparation
au mariage ;
de l'assistance éducative aux conjoints.
En 1995
Avec la
réorganisation du MINASCOF en 1995, la Direction de
la Protection de l'Individu et de la Famille devient la Direction
de la Famille et de l'Enfant, qui garde entre autres missions,
celles de la planification, de l'organisation et du contrôle
de l'élaboration des politiques de promotion de la
famille.
Le service
de la promotion de la famille maintenu dans la sous direction
de la famille sera chargé des activités de prévention,
d'éducation et d'assistance en faveur des familles.
1997,
MINAS et MINCOF réapparaissent séparément
Suite
aux élections présidentielles d'octobre 1997,
le décret n° 97/205 du 7 décembre 1997 portant
organisation du gouvernement crée à nouveau
le ministère de la Condition Féminine et celui
des Affaires Sociales.
Ces deux
ministères seront organisés respectivement par
le décret n° 98/068 du 04 mai 1998 et le décret
n° 98/069 du 04 mai 1998 et auront en charge pour le premier
la promotion de la femme, et pour le second, la promotion
de la famille.
La promotion
de la femme avec le MINCOF de 1998
Au termes
du décret sus cité, le ministère de la
Condition Féminine est chargé de l'élaboration
et de la mise en œuvre des mesures relatives au respect
des droits de la femme camerounaise dans la société,
à la disparition de toute discrimination à l'égard
de la femme et à l'accroissement des garanties d'égalité
dans les domaines politique, économique, social et
culturel.
A ce titre
:
il étudie
et soumet au gouvernement des conditions facilitant l'insertion
de la femme dans l'administration, l'agriculture, le commerce
et l'industrie ;
il assure la liaison avec les organisations nationales et
internationale de promotion de la femme ;
il assure la tutelle des organismes de formation féminine
à l'exclusion des établissements
La Promotion de la Famille avec le MINAS
Le décret
n° 98/069 du 04 mai 1998 organisant le ministère
des affaires sociales crée la Direction du Bien-être
de la Famille et de l'Enfant (DBEFE), chargée pour
ce qui est de la famille :
du suivi
des activités des institutions non gouvernementales
oeuvrant pour le bien-être de la famille » ;
de l'élaboration des mesures législatives et
réglementaires relatives à la protection des
familles ;
de la conception des normes de création et de fonctionnement
des institutions de protection de la famille.
La sous direction de la promotion de la famille de la DBEFE
comprend :
le service
de l'éducation matrimoniale et familiale ;
le service de l'assistance à la famille.
2004, création du Ministère de la Promotion
de la Femme et de la Famille
À l'aube du nouveau septennat de Son Excellence Monsieur
Paul BIYA à la magistrature suprême, le décret
n° 2004/320 du 08 décembre 2004 portant organisation
du nouveau gouvernement crée le Ministère de
la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF), chargé
« de l'élaboration et de la mise en œuvre
des mesures relatives au respect des droits de la femme camerounaise
dans la société, à la disparition de
toute discrimination à l'égard de la femme et
à l'accroissement des garanties d'égalité
dans les domaines politique, économique, social et
culturel ; il est également chargé de la mise
en œuvre de la politique nationale en matière
de famille ».
A ce titre,
et entre autres :
il étudie
et soumet au gouvernement les conditions facilitant l'emploi
de la femme dans l'administration, l'agriculture, le commerce
et l'industrie ;
il étudie et propose les stratégies et mesures
visant à renforcer l'harmonie dans les familles.
C'est donc un tout nouveau ministère auquel est confiée
la prise en charge des deux volets « promotion de la
femme » et « promotion de la famille ».
Cette
mise en commun de ces deux cibles de l'action gouvernementale
a été justifiée à l'introduction.
Le décret attendu organisant le MINPROFF apportera
certainement de plus amples éclaircissements sur les
interrelations entre la promotion de la femme et la promotion
de la famille.
LES MISSIONS DU MINPROFF: LANCER L'ASSAUT CONTRE LE CONCUBINAGE: ORGANISER LES MARIAGES COLLECTIFS |
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