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Le 08 Mars 2007 : Chantal BIYA conduit les troupes
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Déjouant
le protocole, la première dame a surpris le boulevard
du 20 mai hier en prenant la tête du défilé
du 8 mars
Ça fait un bon
quart d'heure qu'elle est arrivée. Installée
à la tribune d'honneur, Chantal Biya s'apprête
à voir passer les près de 40.000 femmes inscrites
pour participer au défilé de cette journée
internationale de la femme. A ce moment précis, les
regards sont surtout tournées vers Suzanne Mbomback,
le ministre de la Promotion de la femme et de la Famille.
Et comment! D'après le programme, c'est elle, la
principale organisatrice de l'événement qui
doit donner le ton, en compagnie des autres femmes membres
du gouvernement et hautes responsables de l'administration.
Et puis, coup de théâtre.
Alors que Catherine Bakang Mbock, Ama Tutu Muna et autre
Haman Adama prennent place aux côtés du Minproff,
une clameur s'élève du côté de
la tribune d'honneur : c'est Chantal Biya qui se lève.
Les nombreuses femmes qui ont fait le déplacement
devinent vite son intention. Tonnerre d'applaudissements,
qui accompagne l'épouse du chef de l'Etat MUTATIONS
vers la grande rue. Le reste est simplement inédit.
Le protocole est quelque peu pris de court. Quelques minutes
de flottement. D'autres personnalités de la tribune
d'honneur accourent. Notamment Gladys Inoni, épouse
du premier ministre et coordinatrice générale
du Cercle des amis du Cameroun, et Fadimatou Cavaye, épouse
du président de l'Assemblée nationale
Une dizaine de minutes
plus tard, c'est Chantal Biya qui emmène la grande
parade des femmes sur le Boulevard du 20 mai. Visiblement
heureuse de son" coup ", le pas alerte, la première
dame passe devant une tribune, puis devant la tribune d'honneur
et salue. Standing ovation. L'agréable étonnement
fait place à de l'admiration. Mais il n'y a pas de
doute, le ton est donné pour une 8 mars 2007 retentissant.
Et c'est vrai que l'on
parlera encore de cette mémorable fête. Les
femmes avaient, par milliers, investi le lieu des cérémonies
dès les premières heures de la matinée.
En pagne orange, fuchsia ou vert, rivalisant de beauté,
elles ont une fois de plus réussi à mettre
de l'ambiance. Près de trois heures pour présenter
8 mars:Haro sur la fête de la femme Certains hommes
affirment ne pas trouver cette manifestation opportune.
Marcel Nkoa est arrivé au boulevard du 20 mai hier,
8 mars 2007, accroché aux basques de Femmes et Familles
Magazine N°001 Mars 2007 son épouse. Penser que
c'est une preuve que Marcel et son épouse Evelyne
filent le parfait amour en ce 8 édition de la Sf:~sont:
ont: su meubler les a constitué le dame
inter. un bel échantillon de ce que le Cameroun et
même les pays amis comptent de femmes" capables".
Dans les domaines de souveraineté, la diplomatie,
la Défense et la sécurité, l'administration,
les finances, l'éducation, la recherche, la communication,
le culture les sports, la santé, le commerce, la
vie associative... elles ont répondu à l'appel.
Plus un domaine qui échappe à eur savoir-faire.
Et à chaque fois,
le même enthousiasme, la même détermination,
le même enga9.ement. Les combats de la femme camerounaise
des années 2000 ne manquent pas. Cette année,
c'était la lutte contre les violences. Mais il flottait
encore comme un vent de 2006, avec cet appétit désormais
permanent pour la prise de décision. Une première
dame, des femmes ministres, secrétaires générales,
inspecteurs générales de ministères,
des femmes directeurs généraux d'entreprises..
.marquant le pas sur le bitume de Yaoundé; voilà
peut-être la preuve que les 8 mars se suivent et que
les acquis s'engrangent. Question leadership en tout cas,
elles n'ont plus beaucoup de leçons à recevoir.
Et il faut dire qu'elles ont, avec Chantal Biya, un sacré
leader... Et tous les adeptes de violence n'ont donc qu'à
bien se tenir! ALBUM
DE L'EVENEMENT..... |
| Les femmes paralysent Yaoundé |
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les cérémonies
de la 22e édition de la Journée internationale
de la femme bloquent la capitale.Elles ont tenu leur pari.
Celui d'arrêter tout pour se "faire voir".
Ce qui a paralysé la capitale hier 8 mars 2007. Selon
des observateurs avertis,la célébration de
la Journée internationale de la femme a battu le
record de la mobilisation cette année. Les administrations
publiques et privées en ont souffert, de même
que les citoyens paisiblement vaquer à leurs occupations.Dès
la matinée, la ville est coupée en deux. L'accès
au grand axe allant du Palais des congrès au carrefour
Mvog-Mbi est interdit et les points d'intersection solidement
gardés par des hommes en tenue. "J'ai déjà
passé près de deux heures de temps à
tourner en rond", se plaint un automobiliste au niveau
du carrefour de la sous-préfecture de Yaoundé
Il à Tsinga. Impatient, l'homme se rapproche d'un
policier en faction pour en savoir plus. "La Première
dame va passer; nous ne savons pas à quelle heure
la route sera ouverte à la circulation", lâche
arrogamment l'inspecteur de police. Il est 9h 50 min. La
file s'étend sur près de 7 km.
Les établissements
scolaires sont étrangement déserts. On aperçoit
des bambins qui jouent sur la route.Certains élèves
des collèges ont élu domicile dans les casinos
et les bars.D'autres déambulent à travers
les rues.Une situation qui ressemble fort bien à
celle que l'on observe souvent quand le président
de la République décrète un férié
à la mijournée dujour indiqué. Au boulevard
du 20 mai, on croit justement avoir affaire à la
"fête nationale" bis. A la seule différence
que les femmes sont plus nombreuses. Elles se distinguent
par leurs pagnes aux motifs divers sur lesquelles est symboliquement
inscrit:"Journée internationale de la femme,
08 mars 2007".
Ministres
et DG prises en otage
Des badauds ont abandonné
leurs affaires pour venir applaudir le défilé
de leurs femmes. Soudain, ils voient passer une dame avec
une tenue du 08 mars 2006. Cette dernière est huée.
Elle n'a d'autre le devant, c'est pour nous mener droit
vers le gouffre. Si les gens ne font pas attention, ils
vont perdre leur mariage aujourd'hui, croyez-moi ",
dit-il. Il poursuit en regrettant que beaucoup d'argent
soit englouti dans une fête qui, de son avis, ne viendra
jamais nourrir les
enfants dans les différentes familles camerounaises.
Conclusion: "II faut annuler ça !". Dans
l'ensemble, les hommes d'un certain âge (plus de 40
ans) sont contre la fête de la femme et des manifestations
qui l'entourent. Par contre, les jeunes, eux, sont soit
indifférents, soit pour cette fête à
laquelle ils participent sans complexe. " Les hommes
exagèrent ! Toute l'année nous avons le commandement
et les femmes ne demandent qu'une seule journée et
nous en faisons tout un plat. Ce n'est pas juste. De toutes
les façons, les gens doivent savoir que quel que
s'oit le cas, l'homme reste au dessus", proclame Felix
Tchatcoua, dactylographe. Pour le 8 mars, il confie avoir
fait tout le ménage, y compris la cuisine. "Après
le défilé, dit-il, elle [son épouse]
n'aura plus qu'à passer à table pour déguster
ce que j'ai préparé." A la question de
savoir s'il l'a fait avec bon coeur ou sous la contrainte,
il affirme, sans ambages: "avec bon coeur" ! Jean-Bruno
Tagne choix que de se faufiler pour aller se cacher. "Elle
va déverser sa colère sur son mari qui n'a
peut-être pas eu de l'argent pour lui acheter le pagne
de cette année", commentent certains.
Le défilé
terminé, et après le départ de Mme
Chantal Biya, les femmes ministres et directrices générales
d'entreprises sont envahies par leurs collaboratrices. Elles
étouffent. C'est sans doute l'une des rares occasions
où les subalternes peuvent côtoyer la hiérarchie
sans protocole, et poser leurs problèmes. Les gardes
du corps doivent user de beaucoup de tact pour les extirper
de cette foule. "Laissez comme ça, on se voit
au ministère", soupire une ministre. Les esplanades
des départements ministériels se sont transformées
en carnavals. Sous un air de Coupé-décalé,
de Ndombolo ou de Bikutsi, les femmes savourent les agapes
préparées pour la circonstance. Evidemment,
presque personne n'a la tête au travail. Même
pas les hommes. "Ils sont allés soutenir leurs
dames", justifie un inspecteur de services. Ceux qui
avaient un dossier à "pousser" vont devoir
attendre la semaine prochaine; si elles consentent à
reprendre le travail sitôt la fête terminer |
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